MES SOUVENIRS SPÉCIAUX D’ÉLÉPHANTS

0

12Certains individus étaient exceptionnels. Je pense à Rafiki (qui signifie « ami » en kiswahili) avec ses jumeaux. Je les ai vus pour la première fois alors qu’ils n’avaient que quelques semaines. C’était quand Derek Bryceson, mon ancien mari, était directeur des parcs nationaux de Tanzanie. J’avais suggéré que nous pourrions former des gardes du parc pour suivre et observer les éléphants de la même manière que notre personnel de terrain suit les chimpanzés à Gombe. Ian Douglas-Hamilton a accepté de tenir des ateliers pour les gardes forestiers des parcs nationaux de Ruaha, Tarangire et Manyara. Quatre gardes forestiers de chacun des parcs ont été affectés à l’observation des éléphants, en équipes de deux à la fois.

Nous avons entendu parler des jumeaux peu après leur naissance. Derek et moi avons passé des heures à les observer pendant les mois qui ont suivi. C’était enchanteur de les voir téter tous les deux en même temps. Rafiki était une mère merveilleuse, caressant doucement les jumeaux avec sa trompe, ses énormes oreilles battant l’air, alors que la famille se reposait à l’ombre des acacias. Elle était si vigilante et protectrice lorsqu’ils se déplaçaient en terrain rocailleux.

Puis il y avait Fred, un jeune mâle juvénile qui était un vrai frimeur – plein de malice et d’énergie. Il pourchassait n’importe quoi – aigrettes, antilopes, phacochères – en les chargeant, en barrissant farouchement, les oreilles déployées comme des ailes. Une fois, je l’ai vu chasser un papillon ! Parfois, il dérangeait l’un des jeunes de son groupe, et la mère le punissait en secouant la tête en avertissement.

Un autre éléphant que j’aimais était un très vieux mâle, Ahmed. Il était si vieux que toute sa peau pendait sur son corps. Elle pendait autour de ses chevilles et sous son ventre en plis. Ses oreilles tombaient. Il se déplaçait lentement et délibérément, et était souvent seul. Lorsqu’il se reposait à l’ombre, il enroulait sa trompe sur l’une de ses défenses, comme si elle devenait trop lourde pour lui.

Et puis il y a eu Virgo. C’était la favorite de Ian Douglas-Hamilton qui me l’a présentée dans le parc national du lac Manyara, le site de sa célèbre étude. Il la connaissait depuis sa naissance. Quand il l’a localisée, nous nous sommes rapprochés en voiture, puis nous en sommes sortis. J’ai tendu ma main, et elle l’a touchée doucement, si doucement, avec sa trompe. Virgo, je ne t’oublierai jamais.

Partager.

A propos de l'auteur

Le Jane Goodall Institute France, c'est une équipe d'hommes et de femmes dévoués qui transmettent le message et les valeurs du Dr. Jane Goodall en oeuvrant à a protection de la biodiversité et des grands singes, notamment des chimpanzés. Notre but ? Trouver des solutions a l'impact de l'activité humaine et accompagner les populations vers un mode de vie eco-responsable, car il est possible d'agir à son échelle pour sauver notre planète. Comme le dit Dr Goodall, « Tout ce que vous faites a un impact. A vous de choisir quel impact vous voulez avoir »

Les commentaires sont fermés