LOUPS GRIS MEXICAINS : CE LOUP EN VOIE DE DISPARITION DONT VOUS N’AVEZ JAMAIS ENTENDU PARLER

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Autrefois répandu dans le Sud-ouest des États-Unis, le loup gris mexicain est aujourd’hui l’une des sous-espèces de loup les plus menacées au monde. A la fin des années 1800 et le début des années 1900, des milliers de loups gris mexicains (également appelés « el lobo » ou « lobos ») évoluaient dans le centre du Mexique, en Arizona, au Nouveau-Mexique et au Texas. Dans les années 1970, on a découvert les sept derniers loups mexicains au monde. Avec de tels chiffres, il n’est pas étonnant que le loup gris mexicain soit considéré comme l’un des mammifères terrestres les plus menacés au monde. Mais il y a de l’espoir ! Aujourd’hui, leur nombre augmente de nouveau dans la nature grâce à des efforts de conservation largement concertés.

*Attention : spoilers*

Un court métrage de TLP Media, Gray Area: Wolves of the Southwest (Zone d’ombre : Les loups du Sud-Ouest), nous plonge dans le monde de ce loup rare et étonnant. Autrefois abondants dans le sud-ouest, les loups gris mexicains ont été déclarés presque éteints à la fin des années 70, car il ne restait plus que 7 individus connus. Le film suit certaines des figures humaines clés de l’histoire des loups, dont Sherry Barrett, coordonnatrice mexicaine du rétablissement du loup pour le US Fish and Wildlife Service (Département de la faune sauvage et de la pêche des États-Unis), et David Parsons, ancien coordonnateur du programme mexicain de rétablissement du loup de 1990 à 1999.  Ils nous racontent comment une population fondatrice de 7 loups (dont une seule femelle) a été élevée avec soin et de façon stratégique pour s’assurer que la sous-espèce ne diminue jamais vraiment.

Le Programme mexicain de rétablissement du loup (MWRP) collabore avec le Centre du loup en voie de disparition (EWC) afin de sauver les loups gris mexicains de l’extinction. Les 7 lobos fondateurs ont été gardés au EWC pendant plus de 20 ans et élevés avec soin afin de créer une population génétiquement viable. Ce fut un exploit miraculeux, car surveiller la génétique d’un si petit groupe d’animaux afin de produire une plus grande population exige une planification minutieuse pour s’assurer que des troubles génétiques ne soient pas introduits.

Lorsque les loups du EWC ont été prêts à être relâchés dans la nature, ils ont été lentement réintégrés dans une partie de leur aire de répartition historique au Nouveau-Mexique. La réintroduction a été considérée comme un succès, bien que la population soit encore étroitement surveillée par le MWRP.  Dans le film, Sherry Barrett souligne que l’une des étapes importantes franchies par les loups a été d’être capables se reproduire seuls dans la nature. Cependant, le combat pour être retiré de la liste des espèces en voie de disparition est devenue plus difficile à cause – croyez-le ou non – du bétail.

wolf-2792285_960_720L’industrie de l’élevage n’a pas été particulièrement bouleversée par le déclin de la population de loups simplement parce que les loups représentent la plus grande menace pour les fermes de la région. Les agriculteurs ont eu du mal à réintégrer les loups gris parce qu’ils ont commencé à s’attaquer au bétail en guise de source de nourriture. L’abattage des loups est illégal sur le territoire publique, mais les agriculteurs ont le droit de protéger leurs animaux de ferme sur des terres privées.

Pour lutter contre ce problème, s’il est prouvé qu’un loup gris a tué un animal d’élevage privé, l’agriculteur recevra une allocation correspondant à la valeur déclarée de l’animal. Cependant, les agriculteurs tuant des loups pour protéger leur bétail semble rester la plus grande menace à laquelle la population fait face.

La communication entre les agriculteurs et le programme de rétablissement est essentielle à la conservation du loup gris mexicain. Pour tenter de maintenir la paix entre les agriculteurs et les loups, les défenseurs de l’environnement plantent des drapeaux et émettent des bruits forts pour dissuader les loups d’entrer dans les zones d’élevage et informer les agriculteurs de l’endroit où se trouvent les meutes avant qu’ils aient la possibilité d’attaquer. Souvent, dans des situations comme celle-ci, où les humains et les animaux sauvages s’affrontent, apprendre à coexister peut être plus compliqué que d’aider une espèce entière à retrouver sa stabilité.

Dans le cas des lobos, l’avenir est prometteur. Les agriculteurs continuent de faire de leur mieux pour protéger leur bétail de même que l’intégrité des loups. Récemment, le US Fish and Wildlife Service a publié les effectifs de la population pour 2017, la portant à 114 spécimens au total dans la nature aux États-Unis ! Plus important encore, cette histoire démontre qu’il est possible de ramener à la vie une espèce au bord de l’extinction lorsqu’on lui accorde l’attention, la science et la détermination nécessaires.

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A propos de l'auteur

Le Jane Goodall Institute France, c'est une équipe d'hommes et de femmes dévoués qui transmettent le message et les valeurs du Dr. Jane Goodall en oeuvrant à a protection de la biodiversité et des grands singes, notamment des chimpanzés. Notre but ? Trouver des solutions a l'impact de l'activité humaine et accompagner les populations vers un mode de vie eco-responsable, car il est possible d'agir à son échelle pour sauver notre planète. Comme le dit Dr Goodall, « Tout ce que vous faites a un impact. A vous de choisir quel impact vous voulez avoir »

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