LES CHIMPANZÉS RETARDENT LA PARENTALITÉ, MANGENT DES SINGES ET ATTRAPENT DES RHUMES MORTELS

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D’un point de vue génétique, les chimpanzés et les humains partagent 98,6% de leur ADN et nos comportements partagent de même de nombreuses similitudes. Notre véritable relation au reste du règne animal s’est vue redéfinie par une femme de science révolutionnaire, et depuis près de 60 ans maintenant, les recherches du Dr Goodall à Gombe continuent d’évoluer et de se poursuivre, tout comme nos deux lignées respectives, chimpanzé et humaine. Les observations de Gombe nous aident à mieux nous comprendre nous-mêmes, à différencier ce qui est ancien de ce qui unique, de même qu’elles révèlent nos ressemblances avec le reste du règne animal.
Les études suivantes mettent en lumière des recherches extraordinaires encore menées aujourd’hui sur les chimpanzés. Il y en a plein à découvrir – Avez-vous envie de les connaître ?

Les chimpanzés femelles qui quittent leur foyer remettent la maternité à plus tard

Récemment, des chercheurs de l’Université Duke, dans le cadre du Centre de recherche de l’Institut Jane Goodall, ont analysé plus de 50 ans d’enregistrements quotidiens de 36 chimpanzés femelles nées dans le parc national de Gombe, grâce à la solide base de données qui remonte aux découvertes de Jane Goodall dans son célèbre carnet de notes. Cette analyse a permis aux chercheurs de voir à travers le temps pour découvrir des tendances, ce qui les a mené à en révéler en particulier une étonnante : les chimpanzés femelles qui quittent leur famille biologique retardent leur grossesse et la fondation de leur propre famille.

Les chimpanzés vivent en groupes avec une hiérarchie structurée. Dans ces groupes, les femelles peuvent soit rester avec le groupe dans lequel elles sont nées, soit partir seules, ce qui réduira probablement les risques de consanguinité. Pour une jeune femelle chimpanzé qui cherche sa propre voie avec un nouveau groupe, sa première grossesse n’aura lieu que vers l’âge de 16 ans, alors que celles qui restent à la maison deviennent mères vers l’âge de 13 ans.

Il y a plusieurs raisons à cela, y compris le soutien que les chimpanzés qui restent reçoivent (ce qui signifie aussi plus d’accès à la nourriture si leur propre mère est d’un rang élevé) et la difficile période d’intégration pour ceux qui tracent leur propre chemin. Les résultats globaux démontrent à quel point nous sommes semblables aux chimpanzés en général, avec un long développement de l’enfant à l’adulte.
Pourtant, la question demeure : dois-je rester ou dois-je partir maintenant ?

Les chimpanzés sauvages ont été vus mangeant de la viande

L’une des découvertes les plus folles du Dr Goodall, qui a complètement changé la manière dont nous regardons nos parents vivants les plus proches, est la preuve que les chimpanzés chassent et mangent de la viande. Depuis ses premières observations, les chercheurs ont vu des chimpanzés chasser et manger une variété de vertébrés et, dans de très rares cas, faire preuve de cannibalisme. Maintenant, les chercheurs veulent mieux comprendre le besoin de manger de la viande chez les chimpanzés, car ce sont surtout des herbivores (mangeurs de végétaux). C’est là que les choses se sont un peu embrouillées.

P1220681-IMG-GA-GAB-01-imp-sml-credit-Les chercheurs ont filmé 29 singes arboricoles au moment où ils étaient mangés par les chimpanzés dans le parc national de Gombe, en Tanzanie, et ont enregistré l’ordre dans lequel les parties des singes ont été consommées. Les chimpanzés consommaient généralement la tête des nourrissons en premier, 91% étaient consommés de cette façon, tandis que pour les singes adultes, le torse étaient généralement consommé en premier. Les scientifiques suggèrent que ceci a à voir avec les barrières physiologiques : les crânes des nourrissons sont moins développés et donc plus faciles à briser, tandis que les crânes des adultes représentent un défi et que leurs torses contiennent un « foie riche en graisses ».

Les résultats indiquent ainsi une direction qui pourrait fournir des réponses en ce qui concerne la valeur nutritionnelle de divers organes, ainsi que des questions sur les avantages ou la nécessité de manger de la viande chez les primates.

Épidémie mortelle chez des chimpanzés sauvages en Ouganda causée par le virus du « rhume » humain

En 2013, cinq chimpanzés d’une communauté de 56 dans le parc national de Kibale, en Ouganda, sont morts sans aucune explication. Les chercheurs avaient observé « de graves crises de toux et d’éternuements » chez les chimpanzés auparavant, et ont décidé d’enquêter. Heureusement, un vétérinaire sur place a pu obtenir des échantillons post-mortem pour révéler ce qui se passait. Les chimpanzés ont été frappés par le Rhinovirus C, une variante du « rhume » humain, qui n’a été découvert qu’en 2010. La souche affecte surtout les enfants, généralement en tant que précurseur de l’asthme.

Il était surprenant de trouver [le virus]chez les chimpanzés, et il était tout aussi surprenant qu’il puisse tuer des chimpanzés en bonne santé. – Tony Goldberg, École de médecine vétérinaire de l’Université du Wisconsin-Madison.

Pour comprendre pourquoi les chimpanzés étaient sensibles à ce virus, que l’on croyait auparavant ne toucher que les humains, les chercheurs ont génotypé 41 chimpanzés. Cette analyse a dévoilé une histoire très particulière: ces chimpanzés ont l’homozygotie universelle de l’allèle CDHR3-Y529 (le CDHR3 étant un gène de la famille 3 lié à la cadhérine). Cela signifie qu’ils ont deux copies identiques du gène, une de chaque parent, ce qui le rend dominant. Cet allèle particulier augmente le risque d’infection par le Rhinovirus C et d’asthme chez les enfants humains. Ainsi, nos similitudes avec les chimpanzés, bien que parfois merveilleuses, peuvent aussi être mortelles.

Pour en savoir plus sur ce qui est fait pour protéger contre les maladies et pourquoi il est si important de comprendre la transmission des maladies entre les animaux sauvages et les humains, c’est par ici.
Pour en savoir plus sur nos recherches innovantes en cours, visitez le site ici.

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A propos de l'auteur

Le Jane Goodall Institute France, c'est une équipe d'hommes et de femmes dévoués qui transmettent le message et les valeurs du Dr. Jane Goodall en oeuvrant à a protection de la biodiversité et des grands singes, notamment des chimpanzés. Notre but ? Trouver des solutions a l'impact de l'activité humaine et accompagner les populations vers un mode de vie eco-responsable, car il est possible d'agir à son échelle pour sauver notre planète. Comme le dit Dr Goodall, « Tout ce que vous faites a un impact. A vous de choisir quel impact vous voulez avoir »

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