LE FUTUR EST LÀ : L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE SAUVE LA FAUNE SAUVAGE

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Placés de façon stratégique, des téléphones portables recyclés aident à combattre la déforestation en envoyant des notifications aux gardes forestiers lorsque des bruits de tronçonneuse sont enregistrés. Des algorithmes similaires à ceux utilisés par la Sécurité intérieure sont en cours d’élaboration afin de fournir des routes efficaces aux patrouilles de gardes forestiers dans leur lutte contre le braconnage. Et les drones livrent des vaccins contre la rage sylvatique aux populations de chiens de prairie dans le but de sauver de l’extinction le putois d’Amérique, un prédateur des chiens de prairie gravement menacé.

Que se passe-t-il lorsque les biologistes de la faune joignent leurs forces à celles des informaticiens ? Une nouvelle ère dans la conservation de la faune sauvage est née ! Les scientifiques dans ces domaines ont profité des progrès technologiques pour créer des méthodes nouvelles et innovantes de surveillance des populations d’espèces sauvages et de lutte contre le trafic illégal d’espèces sauvages. Le potentiel d’utilisation de l’intelligence artificielle pour surveiller la faune sauvage et lutter contre la criminalité qui y est liée semble infinie. La cartographie faciale est l’une des technologies d’intelligence artificielle les plus récentes et les plus excitantes utilisées pour protéger la faune.

Comment l’intelligence artificielle et la cartographie faciale aident-elles la faune sauvage ?

La cartographie faciale est en bonne voie pour déclencher un vrai changement dans le domaine de la conservation de la faune. Image result for chimp face ai russo

Alexandra Russo, finaliste régionale des Jeunes Champions de la Terre, travaille à l’élaboration et à la promotion de ChimpFace**,un logiciel pour identifier les chimpanzés à l’aide de la reconnaissance et de la cartographie faciales. Cette ressource peut être utilisée par les futurs projets de cartographie faciale afin d’élargir leurs bases de données d’images et d’améliorer les logiciels. En fait, ChimpFace utilise même déjà une centaine d’images de chimpanzés de Tchimpounga pour créer son logiciel !

 

L’objectif global de ce projet est de surveiller les sites Web de e-commerce et les médias sociaux à la recherche de photos de chimpanzés ayant des liens potentiels avec le trafic d’espèces sauvages. Une fois en place, ce projet peut aider à identifier les ventes numériques illégales de chimpanzés comme animaux de compagnie, et potentiellement aider à cartographier le réseau de ventes illégales en ligne pour réduire les cas de trafic de chimpanzés sauvages.

ChimpFace automatisera le processus de recherche, réduisant le nombre d’heures de main d’œuvre et les ressources financières nécessaires pour contrôler efficacement l’Internet et identifier les publications suspectes. De nombreux chimpanzés ont une apparence similaire. Il est donc difficile (voire impossible) de suivre les animaux individuels tout au long de la chaîne commerciale, car les individus sont susceptibles d’être mal identifiés et/ou de faire l’objet d’un double comptage.

Cette technologie est déjà testée sur une variété d’espèces. Les éléphants au zoo de Londres ont récemment fait l’objet d’un examen minutieux par le logiciel de reconnaissance faciale de Google. Ce logiciel ouvre la voie pour le suivi des populations d’éléphants sauvages à l’aide de caméra-pièges et de photographies. D’autres primates ont également reçu leur part d’attention en matière d’intelligence artificielle. LemurFaceID, modelé d’après la cartographie faciale humaine, a été développé l’an dernier avec une précision de 98 % pour l’identification des individus. Ce logiciel aidera les chercheurs à suivre et à rechercher des lémuriens individuels au sein d’une population, à identifier de nouveaux individus dans une région et à combattre le trafic en identifiant les lémuriens qui en sont victimes sur les photographies.

L’avenir : utiliser l’intelligence artificielle à Gombe

Les archives de l’Institut Jane Goodall contenant des photos de chimpanzés et les images de Gombe et du Centre de réhabilitation pour chimpanzés de Tchimpounga font partie des plus complètes au monde. La technologie de cartographie faciale, telle que ChimpFace, ainsi que d’autres projets, peuvent faciliter la recherche à Gombe en aidant le personnel sur le terrain à identifier positivement les chimpanzés, en particulier les jeunes chimpanzés qui sont habituellement difficiles à voir ou à identifier, ou à vérifier l’identité des individus dans les séquences archivées et aider à suivre les populations actuelles et leur santé. Comme pour la plupart des technologies de cartographie faciale utilisées dans la conservation de la faune sauvage, elle peut également être associée au travail de lutte contre le trafic en Afrique. Les possibilités offertes par cette technologie sont vraiment impressionnantes et plus elles progressent, plus leurs applications avanceront.

Alors que l’intelligence artificielle, y compris la cartographie faciale, continue de se faire une place dans la conservation de la faune sauvage, l’équipe du JGI et de Gombe, toujours vouée à la protection et à la compréhension de nos plus proches parents vivants, utilisera et contribuera à cette technologie.

**ChimpFace est un projet collaboratif, un grand merci à ces collaborateurs : Conservation X Labs, Liberia Chimpanzee Rescue and Protection, Tacugama Chimpanzee Sanctuary, Sweetwaters Chimpanzee Sanctuary, PEGAS, Save the Chimps, GAP Brazil, Chimpanzee Sanctuary Northwest, Centre de Conservation pour Chimpanzés/ Primate Project Inc, Story Book Farm Primate Sanctuary

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A propos de l'auteur

Le Jane Goodall Institute France, c'est une équipe d'hommes et de femmes dévoués qui transmettent le message et les valeurs du Dr. Jane Goodall en oeuvrant à a protection de la biodiversité et des grands singes, notamment des chimpanzés. Notre but ? Trouver des solutions a l'impact de l'activité humaine et accompagner les populations vers un mode de vie eco-responsable, car il est possible d'agir à son échelle pour sauver notre planète. Comme le dit Dr Goodall, « Tout ce que vous faites a un impact. A vous de choisir quel impact vous voulez avoir »

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