JANE GOODALL SUR LES FORÊTS – LEÇON N°2 : SUR L’APPRÉCIATION ET LA PROTECTION

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Note de la rédaction : En l’honneur de la Journée internationale des forêts le 21 mars, Jane Goodall, qui a passé une grande partie de sa vie à vivre dans les forêts du parc national du Torrent de Gombe, et qui a connu dans sa vie tant d’autres forêts de notre planète, partage certaines de ses réflexions sur la manière d’apprécier les forêts et de travailler ensemble pour les protéger dans cette série de billets de blog tirés de Graines d’espoir : Sagesse et merveilles du monde des plantes. Tout au long de la semaine autour de la Journée internationale des forêts, nous publierons d’autres messages qui font partie de cette série. Restez à l’écoute.

Lisez le premier article de cette série.

TYPES DE FORÊTS

Bien sûr, il existe de nombreuses catégories de forêts – tropicales, tempérées, boréales, montagnardes et nébuleuses, et à l’intérieur de chaque catégorie, de nombreux types différents. Il y a les forêts fluviales, des ceintures vert foncé qui serpentent à travers le pays, suivant les fleuves, comme celles que je connais en Tanzanie, en Ouganda et au Burundi. Dans ces forêts, comme nous l’avons mentionné, le sous-bois a tendance à être dense et enchevêtré, ce qui fait qu’il est difficile pour nous, les grands singes bipèdes, de nous y déplacer.

Puis il y a celles que j’appelle les « forêts secrètes » dans la zone côtière occidentale du Congo-Brazzaville : alors que vous marchez à travers une plaine d’innondation, avec des herbes hautes et des arbres rabougris, tout à coup, vous arrivez au bord d’une gorge étroite et très escarpée. Au fond, de grands arbres y poussent, la canopée atteignant à peine le haut de la gorge, et lorsque vous descendez, vous vous retrouvez dans une atmosphère complètement différente, fraîche et sombre après le soleil brûlant.

Primary rainforest in Imbak Canyon in the state of Sabah, Malaysian Borneo. The forest is home to pygmy elephants, clouded leopard, orangutans, banteng, and proboscis monkeys among thousands of other species. Photo by: Rhett A. Butler. Source

Forêt tropicale primaire dans le canyon d’Imbak, dans l’état de Sabah, à Bornéo (Malaisie). La forêt abrite des éléphants pygmées, des panthères nébuleuses, des orangs-outans, des bantengs et des singes nasiques ainsi que des milliers d’autres espèces. Photo par : Rhett A. Butler. Source

Et puis il y a les grandes forêts du bassin du Congo, de l’Amazonie et les forêts sauvages d’Asie, certaines encore inexplorées, qui abritent une variété stupéfiante d’espèces différentes de plantes et d’animaux. Parce que la canopée est haute et dense, une grande partie du sol forestier est privée de lumière et les sous-bois sont clairsemés. Dans ce monde sombre, beaucoup de graines ont germé, mais ressemblent à un semis de 10 centimètres de haut alors qu’elles peuvent, en fait, avoir 50 ans ! Elles attendent patiemment, espérant éviter d’être piétiné ou mangé, qu’un grand arbre tombe, créant ainsi un trou dans la canopée, laissant filtrer un peu de lumière du soleil jusqu’au sol. Ce n’est qu’alors qu’elles peuvent commencer à grandir vers le ciel.

J’ai eu la chance d’observer la vie dans les cimes des arbres à partir de trois différents passerelles dans la canopée – au Panama, au Ghana et dans une forêt sèche en Amérique. C’est un tout autre monde là-haut, peuplé d’innombrables créatures qui ne connaissent aucune autre existence, qui naissent, vivent et meurent dans les cimes des arbres. C’est un monde façonné par ces arbres et autres plantes qui ont réussi, dans leur lutte désespérée, à échapper à l’éternelle obscurité du sol forestier et à atteindre la lumière vivifiante du soleil.

Les forêts, en particulier les forêts tropicales, abritent une grande richesse d’espèces animales et végétales diverses. Par exemple, dans la forêt du Bassin du Congo, la deuxième plus grande forêt tropicale humide du monde, il y a plus de 10 000 espèces de plantes, 1 000 espèces d’oiseaux et 400 espèces de mammifères, dont trois des quatre espèces de grands singes du monde. Et puis il y a les reptiles, les amphibiens et des centaines de milliers d’insectes. La plupart des espèces du bassin du Congo n’existent nulle part ailleurs sur terre. La situation est similaire dans le bassin amazonien, les grandes forêts tropicales d’Asie et les forêts boréales de l’hémisphère Nord.

Il est choquant de constater que la destruction de ces habitats, à mesure que les populations humaines grandissent et que les tronçonneuses se déplacent les unes après les autres, mène à l’extinction locale ou totale d’espèces chaque jour. Et si nous voulons assurer la santé et la survie à long terme de l’écosystème forestier, nous devons prévenir cette perte de biodiversité. Nous ne faisons que commencer à le comprendre, mais nous savons que lorsque l’équilibre de la cohabitation complexe d’espèces animales et végétales est perturbé, les choses ont tendance à mal tourner. Ainsi, en Afrique et en Asie du Sud-Est, les grands singes et autres primates – ainsi que de nombreux autres mammifères et oiseaux – jouent un rôle très important dans la dispersion des graines. De fait, plus la chasse est présente dans ces forêts, et moins nombreux sont les nouveaux semis.

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A propos de l'auteur

Le Jane Goodall Institute France, c'est une équipe d'hommes et de femmes dévoués qui transmettent le message et les valeurs du Dr. Jane Goodall en oeuvrant à a protection de la biodiversité et des grands singes, notamment des chimpanzés. Notre but ? Trouver des solutions a l'impact de l'activité humaine et accompagner les populations vers un mode de vie eco-responsable, car il est possible d'agir à son échelle pour sauver notre planète. Comme le dit Dr Goodall, « Tout ce que vous faites a un impact. A vous de choisir quel impact vous voulez avoir »

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