JANE GOODALL SUR LES FORÊTS LEÇON N° 1 : APPRENDRE A APPRÉCIER ET PROTÉGER

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J’ai toujours aimé la forêt, mais ce n’est pas avant de vivre réellement dans les forêts de Gombe que je me suis mise à réaliser, presque charnellement, que la forêt est une entité vivante, qui respire, faite de formes de vie qui s’enlacent et dépendent les unes des autres. Elle est parfaite… complète… une présence puissante, tellement plus – tellement tellement plus – que la somme de ses différents éléments.

La majorité de ce que j’ai écrit ci-dessous a été édité à partir de morceaux de chapitres issus de mon dernier livre, Graines d’espoir. Sagesse et merveilles du monde des plantes.

LA FORÊT DE GOMBE

Le Parc national de Gombe Stream est petit – seulement 35 kilomètres carrés. Il s’étend sur la rive Est du lac Tanganyika et comprend une fine bande de terre s’élevant depuis le lac (760 mètres au dessus du niveau de la mer) jusqu’à une hauteur d’environ 1.500 mètres au sommet de l’escarpement du Rift. Les pentes les plus basses sont recouvertes de forêts d’arbres à feuille caduque entrecoupées de ravins étroits – nous les appelons karongos – soutenant des enchevêtrements denses de forêts riveraines à travers lesquelles il est difficile de se déplacer – même en se faufilant le long des chemins utilisés par les babouins, chimpanzés et potamochères. (Quand je suis arrivée la première fois il y avait quelques chemins légèrement plus faciles, ouverts par les buffles qui ont depuis longtemps disparu – chassés lorsqu’ils quittaient le parc pour se nourrir d’herbe fraiche après la pluie). Dans le sol riche et fertile de la basse vallée, les arbres de la forêt géante ont trouvé un point d’appui, et ici, à l’endroit où la canopée suspendue entrave le sous-bois, il est possible d’utiliser notre posture bipède ! Les pentes supérieures, souvent très raides et dangereuses, sont recouvertes d’une forêt ouverte entrecoupée de bandes de prairie. A cet endroit, les arbres sont généralement petits et, dans les lieux les plus élevés, sont parfois décorés de lichens pendant de leurs branches comme des barbes.

Photo courtesy of Kristin Mosher.

Crédit photo : Kristin Mosher.

Au coeur de la forêt, j’aime m’étendre sur le dos et contempler la canopée où de petites taches de ciel piégé scintillent comme des étoiles tandis que le vent remue les branches et les feuilles en hauteur. Les voix de la forêt sont partout – le doux bruissement des petites créatures vaquant à leurs occupations, le bourdonnement et le vrombissement du vol des insectes, le stridulement des cigales, les chants des oiseaux, l’aboiement lointain d’un babouin mâle, les pant-hoots d’un groupe de chimpanzés – et tous les autres sons qui sont aussi familiers aux habitants de la forêt que ne le sont les bruits d’accélération des moteurs, de klaxons et de radios de voitures à plein volume pour ceux qui vivent en ville. Et puis, il y a des moments où il pleut et où je peux m’asseoir et écouter le tambourinement des gouttes sur les feuilles et me sentir totalement enveloppée dans ce monde nébuleux de verts, de marron et d’air gris.

Restez connecté pour d’autres leçons sur l’amour et la protection des forêts dans cette série d’articles de « Rien que des bonnes nouvelles » de Jane Goodall pour la Journée internationale des forêts.

Lire la deuxième publication de cette série

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A propos de l'auteur

Le Jane Goodall Institute France, c'est une équipe d'hommes et de femmes dévoués qui transmettent le message et les valeurs du Dr. Jane Goodall en oeuvrant à a protection de la biodiversité et des grands singes, notamment des chimpanzés. Notre but ? Trouver des solutions a l'impact de l'activité humaine et accompagner les populations vers un mode de vie eco-responsable, car il est possible d'agir à son échelle pour sauver notre planète. Comme le dit Dr Goodall, « Tout ce que vous faites a un impact. A vous de choisir quel impact vous voulez avoir »

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