BONNE NOUVELLE POUR LE RAT DES BOIS EN VOIE D’EXTINCTION

0

RIEN QUE DE BONNES NOUVELLES DE JANE GOODALL : HISTOIRES D’ESPOIR

Le rat des bois de Key Largo (Neotoma floridana smalli) est une sous-espèce du rat des bois de Floride qui n’existe que sur l’île de Key Largo, en Floride. C’est l’un des rongeurs les plus menacés de la planète, mais la bonne nouvelle, c’est qu’il fait son retour grâce à l’aide d’écologistes dévoués.

Le rat des bois est devenu une espèce en voie de disparition en raison de la perte de son habitat et de la prédation par les chats errants. Le développement de Key Largo depuis les années 1920 (et surtout depuis les années 1980) a conduit à une réduction de l’habitat naturel du rat des bois, les hammocks de Key Largo, boisement naturel dense de feuillus tropicaux. L’habitat actuel du rat a ainsi été réduit de moitié.

En plus de la perte de son habitat, le rat des bois a souffert de l’abandon d’un grand nombre de chats domestiques par leurs propriétaires, qui les ont laissés se reproduire sur Key Largo. À l’heure actuelle, il y a encore quelque 500 chats errants du côté nord de l’île et une centaine d’autres dans le sud. Les chats sont concentrés dans des refuges spéciaux construits par des défenseurs des chats errants. Ces refuges s’appellent des colonies TNR pour « Trap, Neuter and Return », en français « capturer, castrer et relâcher ». C’est une des méthodes grâce auxquelles on peut gérer les chats errants. Ces chats sont nés dans la nature et ne peuvent plus être domestiqués. Les amoureux des chats veulent les garder en vie, mais aussi les empêcher de se multiplier au fil du temps.

Dans les années 1980, la population de rats des bois avait été réduite à environ 6.500 individus. Cette baisse s’est poursuivie jusqu’à ce que le nombre total plonge à un dangereux niveau, estimé à 100 individus en 2004. À l’époque, le bénévole Clayton Degayner s’est fait dire qu’il ne verrait jamais un rat des bois de Key Largo parce qu’ils étaient en voie d’extinction. Mais ses collègues bénévoles et lui étaient déterminés à renverser la situation. Le Fish and Wildlife Service (FWS, département américain des pêches et de la faune sauvage) a beaucoup étudié le rat des bois. Puis, les biologistes du Wild Kingdom de Disney, notamment le Dr Anne Savage, se sont intéressés à la reproduction en captivité des rats des bois. Comme l’a expliqué Clayton :

« ….on en savait très peu sur la reproduction, les structures de nidification, l’empilage de bâtons ou l’élevage des jeunes avant l’élevage en captivité et la construction de structures de nidification supplémentaires. Les scientifiques de Disney ont compris la communication complexe des rats des bois, ce qui a permis de les élever avec succès. En cas d’événement météorologique catastrophique, l’élevage en captivité peut être nécessaire. De plus, l’information recueillie sur l’élevage a été transmise aux chercheurs d’autres sous-espèces et s’est avérée très utile. Les bénévoles ont construit 1.000 nids supplémentaires et, une fois colonisés, ils ont fourni une protection contre les chats et ont permis aux chercheurs de capturer avec des pièges photographiques l’activité des rats des bois et des chats.

A l’occasion de ces études, une jeune biologiste australienne, Joanne Potts, a été recrutée et formée. Avec l’aide du Dr Savage, elle s’est inscrite à un programme de doctorat pour étudier de nouvelles techniques de surveillance de la population sauvage, donné par l’entremise du Pr Steve Buckland et du Dr Len Thomas à l’Université de St. Andrews, Écosse. C’est à cette époque que des chercheurs bénévoles ont découvert toute l’étendue de la prédation des chats errants sur les rats des bois. Jusqu’à cette époque, les scientifiques croyaient à tort que divers prédateurs sauvages mangeaient des rats des bois et que les chats errants n’étaient qu’une partie du problème. Les rats des bois élevés en captivité et relâchés dans la nature portaient de petits colliers de pistage qui signalaient s’ils étaient morts ou tués. Cela faisait partie de l’effort pour comprendre quels facteurs affectaient la survie de l’espèce.

Les bénévoles ont continué à trouver des colliers enterrés avec les intestins des rongeurs décédés et ont décidé de vérifier auprès de plusieurs zoos s’il s’agissait d’un comportement félin avéré. La réponse des zoos a confirmé que les chats, grands et petits, ne mangent pas les entrailles de leurs proies, mais les enterrent soigneusement. Cette tendance s’est répétée à maintes reprises avec les rats des bois élevés en captivité et relâchés dans la nature.

De toute évidence, le sort du rat des bois de Key Largo dépendait de la résolution du problème des chats errants. Mais cela nécessitait de combiner l’éducation des humains et un peu de politique. Clayton et les autres bénévoles ont piégé et enlevé les chats errants des endroits situés à proximité des populations de rats des bois. Ils ont également mis en place des programmes de sensibilisation dans les écoles et parmi les propriétaires de chats. Ils ont imprimé plusieurs livres pour la bibliothèque et un nouveau dépliant publié par le FWS a été mis à disposition. Le FWS participe également à des ateliers dans les écoles locales, dont un parrainé par la colonie TNR. Mais tout ne s’est pas fait sans heurt comme l’a confirmé Clayton :

« ….les défenseurs des TNR voulaient que la direction du parc soit congédiée. Des membres du Congrès de Washington, D.C. se sont même impliqués, appelant à des audiences publiques. Le secrétaire de l’Intérieur a été informé alors qu’il survolait l’habitat du rat des bois en hélicoptère. Nous avons été suivis, intimidés et même menacés. Pour dire les choses de façon douce, ça a chauffé ! »

Malgré ces revers, les efforts ont prévalu. Pour la première fois depuis des années, les grands nids de branchages des rats des bois ont commencé à réapparaitre dans les zones de reproduction. Ces nids peuvent mesurer jusqu’à 2 mètres de large et 1 mètre de haut. Ils prouvent clairement que la population de rats des bois se reproduit et s’accroit de nouveau. Garder les chats loin des populations de rats des bois est crucial parce que l’habitat naturel des rats, selon Clayton, n’est que de 16 kilomètres de large alors que le territoire d’un chat s’étend sur 90 kilomètres.

Non seulement l’élimination des chats errants a été une bénédiction pour les rats des bois, mais les oiseaux sauvages sont aussi de plus en plus nombreux dans ces régions. Les lapins sauvages sont revenus de même que leurs prédateurs naturels, les chouettes ! Ainsi, tout l’écosystème de Key Largo fait son retour. Et c’est une leçon importante en matière de conservation pour plusieurs raisons. Elle montre comment des prédateurs introduits comme les chats peuvent dévaster un écosystème mais que cela n’est pas une fatalité. Les gens peuvent choisir de garder leurs animaux de compagnie à l’intérieur et de les stériliser. Les gens qui aiment les chats peuvent sublimer cet amour des animaux pour travailler à préserver notre monde naturel. C’est un fait que les chats et autres prédateurs introduits ont causé des vagues d’extinction sur les îles du monde, y compris le continent insulaire de l’Australie et sa faune unique.

L’autre leçon, encore plus importante, est qu’un petit groupe de personnes dévouées, même des bénévoles ayant peu de formation scientifique, peut aider à renverser un évènement d’extinction simplement en persistant dans des efforts intelligents. Selon Clayton : « Nous faisons ce que nous pouvons pour que nos petits-enfants puissent un jour voir un rat des bois de Key Largo !

Découvrez en plus sur les espèces en voie de disparition de l’endroit où vous vivez et comment vous pouvez aider en vous impliquant !

Partager.

A propos de l'auteur

Le Jane Goodall Institute France, c'est une équipe d'hommes et de femmes dévoués qui transmettent le message et les valeurs du Dr. Jane Goodall en oeuvrant à a protection de la biodiversité et des grands singes, notamment des chimpanzés. Notre but ? Trouver des solutions a l'impact de l'activité humaine et accompagner les populations vers un mode de vie eco-responsable, car il est possible d'agir à son échelle pour sauver notre planète. Comme le dit Dr Goodall, « Tout ce que vous faites a un impact. A vous de choisir quel impact vous voulez avoir »

Les commentaires sont fermés