AGIR POUR LES LIONS À L’OCCASION DE LA COMMÉMORATION DE LA MORT DE CECIL

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Le 1er juillet 2015, un dentiste américain a abattu un lion nommé Cecil afin de rapporter un trophée d’Afrique.

Mais Cecil n’était pas n’importe quel lion. C’était un lion magnifique et adoré, qui faisait justement partie d’une étude longue d’une décennie menée par l’Université d’Oxford. L’événement a suscité l’indignation de l’opinion publique mondiale et la condamnation du chasseur.

Sa mort ayant été une perte tragique, tant pour la science que pour l’espèce, elle a attiré l’attention sur la pratique de la chasse au trophée. En réponse aux protestations du public, de nombreux organismes gouvernementaux ont été forcés de revoir leurs politiques concernant la chasse au trophée et les espèces en voie de disparition. Dans la foulée de la mort de Cecil, le Dr Goodall a répondu avec l’espoir que cette tragédie ouvrirait les yeux des gens sur les horreurs de la chasse au trophée.

Aujourd’hui, un an plus tard, Jane renouvelle son soutien aux lions d’Afrique. Elle a récemment signé une lettre en faveur de l’inscription de toutes les populations de lion d’Afrique (Panthera leo) à l’Annexe 1 de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). La proposition a été présentée par neuf États africains qui se trouvent au cœur de l’aire de répartition du lion, et la lettre a été signée par plusieurs conservationnistes et scientifiques éminents.

L’ajout à cette liste serait sans aucun doute une bonne nouvelle pour les lions. L’annexe 1 est réservée aux plantes et aux animaux les plus menacés, ceux qui sont menacés d’extinction si aucune mesure n’est prise. Le commerce de ces créatures est donc soumis à une réglementation particulièrement stricte. Pour se poursuivre, les opérations de chasse seraient obligées de démontrer un certain niveau de durabilité en fixant des quotas scientifiques, en établissant des avis de commerce non préjudiciable et en exigeant des permis d’importation et d’exportation pour tous les trophées.

Les lions répondent sans aucun doute aux exigences biologiques d’une inscription à l’Annexe 1 de la CITES, car les scientifiques ont noté une réduction de 43% de la population sauvage en seulement trois générations de lions. Dans certaines régions, les populations de lions ne comptent plus que 400 individus et ils ont disparu de 12 pays africains. Les quelques populations qui connaissent une croissance se trouvent dans des réserves gérées et clôturées, ce qui limite leur capacité de contribuer au rétablissement général de l’espèce.

Actuellement, les lions sont inscrits à l’Annexe II, ainsi que toutes les espèces de félins, à l’exception de quelques espèces choisies. Cette inscription permet à une espèce de faire l’objet d’un commerce nécessitant seulement un permis d’exportation. Un passage à l’Annexe I les mettrait en compagnie d’autres félins en danger critique, comme les léopards et les tigres, et constituerait un pas dans la bonne direction pour assurer à ces animaux la protection dont ils ont besoin.

Le commerce mondial des trophées de lion et des parties de lion à des fins commerciales croît malheureusement à un rythme plus rapide que ce que l’espèce peut supporter. En réponse, plusieurs pays ont pris les choses en main : les Pays-Bas, l’Australie et la France ont interdit l’importation de trophées de lion dans le but d’inverser le déclin de l’espèce.

La réunion annuelle pour discuter des amendements à la CITES aura lieu en septembre et octobre de cette année. Avec l’anniversaire de la mort de Cecil qui nous rappelle notre obligation de protéger ces animaux, et la voix du Dr Goodall qui appuie fortement cette initiative, nous espérons pouvoir placer une autre barrière entre les lions et l’extinction.

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A propos de l'auteur

Le Jane Goodall Institute France, c'est une équipe d'hommes et de femmes dévoués qui transmettent le message et les valeurs du Dr. Jane Goodall en oeuvrant à a protection de la biodiversité et des grands singes, notamment des chimpanzés. Notre but ? Trouver des solutions a l'impact de l'activité humaine et accompagner les populations vers un mode de vie eco-responsable, car il est possible d'agir à son échelle pour sauver notre planète. Comme le dit Dr Goodall, « Tout ce que vous faites a un impact. A vous de choisir quel impact vous voulez avoir »

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