ACTU SCIENCE : LES CHIMPANZÉS DÉCLENCHENT DES GUERRES DE POUVOIR ET PROFITENT DES JEUX

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Dès le début de ses recherches en 1960, le Dr Jane Goodall savait que les humains et les chimpanzés partagent de nombreuses caractéristiques. Elle a découvert que les chimpanzés utilisaient des outils, pratiquaient la chasse coopérative et créaient des liens solides avec leur famille et les membres de leur communauté. Les découvertes pionnières du Dr Goodall, qui ont supprimé la séparation supposée entre nous et le reste du règne animal, ont captivé le monde. Aujourd’hui, les recherches menées sur les chimpanzés à Gombe et ailleurs ont continué à clarifier les distinctions entre les chimpanzés, les humains et les autres grands singes.

La Journée mondiale des chimpanzés organisée le 14 juillet approchant, le moment est propice pour réfléchir à certaines des similitudes les plus intéressantes que nous partageons avec notre plus proche parent vivant, le chimpanzé. Les études suivantes continuent de montrer combien nous avons en commun avec les chimpanzés.

LA « GUERRE DE 4 ANS » DE GOMBE A DÉMARRÉ À CAUSE D’UNE LUTTE DE POUVOIR

Au cours de ses premières années à Gombe, le Dr Goodall a été témoin du début à la fin de la seule guerre civile connue au sein d’une communauté de chimpanzés.

Les copieuses notes de terrain du Dr Goodall, numérisées au Centre de recherche de l’Institut Jane Goodall de l’Université Duke, ont été utilisées pour analyser plus en profondeur les catalyseurs de la friction croissante qui a entraîné la fission finale d’une communauté autrefois cohésive. Les données des cinq années précédant la guerre ont été utilisées pour cartographier les réseaux sociaux des chimpanzés, déterminés par l’épouillage et l’association, afin de déterminer les catalyseurs de la fracture. On a constaté qu’entre 1971 et 1972, l’année précédant la guerre, la communauté avait formé et solidifié des sous-groupes, ou cliques. En outre, les luttes intestines pour le pouvoir entre les trois mâles les plus dominants et un rapport mâle/femelle exceptionnellement asymétrique ont défini la communauté au cours de cette année. La recherche a également permis de constater que les réseaux sociaux et les modèles de répartition avaient prédit l’appartenance aux factions du nord et du sud. Les membres du groupe sont restés avec les individus avec qui ils étaient les plus proches avant la scission.

Cette étude a montré que les frictions croissantes de la communauté et la division finale ont été causées par d’intenses luttes de pouvoir, une compétition interne et une dynamique sociale détériorée. Il en a résulté une guerre civile de quatre ans remplie d’affrontements meurtriers et de prises de territoires.

LE JEU SOCIAL EST IMPORTANT POUR LE DÉVELOPPEMENT DES JEUNES CHIMPANZÉS

Dans la première étude visant à examiner la relation entre le jeu social et les étapes du développement chez les grands singes, les données sur les chimpanzés en bas âge dans le parc national de Gombe amassées au cours de 33 années ont été analysées. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que les bébés qui passent un pourcentage de temps plus élevé à jouer en groupe atteindraient les étapes clés du développement moteur et social à un plus jeune âge.

Chimpanzees Bahati and her baby Baroza at Gombe National Park, Tanzania.

La maman chimpanzée Bahati et son bébé Baroza dans le parc national de Gombe, Tanzanie.

Les conclusions étaient claires. Les petits qui passaient plus de temps à jouer ont été observés montant sur le dos et voyageant indépendamment, deux étapes motrices clés, à un âge plus précoce. Sur le plan social, ces petits étaient aussi en avance sur leurs pairs. Ils ont atteint le jalon social de l’indépendance spatiale par rapport à leur mère, ont tenté d’épouiller des parents non maternels et ont réalisé leur premier « accouplement » à des âges plus précoces.

Grâce aux études à long terme sur le comportement et le développement des chimpanzés à Gombe, il a été prouvé que le jeu a des bénéfices moteurs et sociaux pour les petits. Tout comme chez les humains, les bébés chimpanzés s’épanouissent grâce à l’acte simple mais essentiel du jeu.

Pour en savoir plus sur ces résultats, c’est par ici.

L’Institut Jane Goodall étudie les chimpanzés sauvages depuis près de 60 ans dans le cadre de la plus longue étude sur les primates sauvages au monde. Les découvertes décrites ici continuent de dévoiler des détails qui illustrent ce que signifie être un chimpanzé, et ce que signifie être humain. Pour célébrer l’anniversaire du jour où le Dr Goodall a foulé pour la première fois le sol de Gombe et la première Journée mondiale des chimpanzés ce 14 juillet, apprenez-en davantage sur les recherches révolutionnaires en cours au JGI et impliquez-vous ! Cliquez ici pour en savoir plus.

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A propos de l'auteur

Le Jane Goodall Institute France, c'est une équipe d'hommes et de femmes dévoués qui transmettent le message et les valeurs du Dr. Jane Goodall en oeuvrant à a protection de la biodiversité et des grands singes, notamment des chimpanzés. Notre but ? Trouver des solutions a l'impact de l'activité humaine et accompagner les populations vers un mode de vie eco-responsable, car il est possible d'agir à son échelle pour sauver notre planète. Comme le dit Dr Goodall, « Tout ce que vous faites a un impact. A vous de choisir quel impact vous voulez avoir »

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